Il est tôt et tard, je suis dans mon lit. Je ne comprends pas la notion du temps.  On m’apporte du café et, comme d’habitude, je bois mais il y a la soif d’un nouveau titre. Un nouveau dans lequel les rêves provoqués par la profondeur du sommeil vont perdre toute force. Un nouveau qui apportera des rêves et , cette fois, ce ne sont pas les mêmes. L’avenir veut bien me côtoyer, me faire des obligations. Quelle merde! La civilisation nous fait penser à cette chose qui n’existe pas, du moins, qui n’est que du monde illusoire. C’est chiant de toujours penser à demain. Le futur est une connerie! Elles sont deux, deux élégantes…
Elle vient, elle claque à la porte. Elle a besoin de moi. Elle est l’amie de l’autre. Celle après qui je cours depuis des mois. L’amitié offre toujours cette énergie de sensibilité. Elle arrive à ma face, dans ma chambre, elle s’asseoit à mes côtés sans invitation. « Bonjour, Ti Gason! Je n’ai pas à passer par quatre chemins, je dois aller droit au but, tu sais que je suis fan de CR7. Voilà ! A force pour toi de passer des heures à jongler avec les mots pour convaincre mon amie, moi, j’ai fini par ressentir quelque chose de réel pour toi. Je veux pénétrer le creux de tes sueurs, avaler ta poésie… La façon dont tes phrases cadencent, me va. Tu fais avec les mots ce que Jude Jean fait avec le micro, je te le dis en toute franchise. »
Elle me fixe, prête à déguster mon âme. La fermentation de son regard me traîne dans l’ivresse. Je suis perdu dans sa ténacité. Il est de ces moments où seule la folie peut aider. Du champagne! Elle refuse mon offre. Elle chante, « c’est beaucoup mieux ». Je ris, je dis merci Ginette Reno. J’allume mon PC, je balance du Jacques Brel. Elle sourit et se met à saliver : « je sais que t’es un homme de grande culture ». On dirait qu’il y a des chansons réservées aux gens qui aiment les lettres. Je vais dans ma petite bibliothèque, je lui passe « Quand les femmes aimeront les hommes » sous titré « la fin des malentendus », de Odile Lamourère. Après deux pages, elle me dit que ce n’était pas ça sa mission, sinon, elle pouvait m’inviter dans un endroit où les livres sont impatients de tomber sous des yeux assoiffés. Elle comprend bien que je veux lui trouver de la distraction. « Écoute, mec, je viens pas habiter toute une vie, je veux juste un…, un seul moment avec toi ». Elle est téméraire. Je dois céder. Elle est d’une beauté qui détruit le silence. Ses mains sont d’une tendresse…  Comme j’aime dire « langèt, gad yon ti pitit ». Si seulement, si seulement la société lui donnait le relâchement de défiler nue, nue à travers toutes les rues, il n y aurait plus de chauffeur. À la sortie, il y a son amie…

Journal libre d’un fou
Yzidor PIERRE (Yzi-Fresh)
Cercle René Philoctète (CERPHI)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here